Les anecdotes vous rappellent des souvenirs ?

Dans le cadre du centenaire du Scoutisme dans l’Armée du Salut française en 2019, nous recherchons des anecdotes et des témoignages de toutes les époques.

Je suis certain que vous en avez en quantité, alors n’hésitez pas à les communiquer par email à l’adresse anecdotes_pf@ajir-ensemble.com.

Surprise, surprise !

Eté 1993. Pour la première fois le Camp National PFA est invité en Suède pour participer au Camp National des Scouts de l’Armée du Salut de Suède. Une expérience inoubliable à plusieurs titres. Le premier soir, nous sommes près de cinq cents scouts de tous âges assis en demi-cercle devant une estrade dans un amphithéâtre de verdure pour la première veillée en présence du Chef de Territoire de la Suède. Tout à coup, au milieu de la soirée, trois chefs arrivent entièrement dénudés, cachés uniquement par deux couvercles de marmite chacun. La musique démarre et nos trois chefs commencent une chorégraphie très animée avec leurs couvercles avant de s’enfuir totalement nus après les avoir lancés en l’air. Un grand moment de stupéfaction pour les PFA et de solitude pour moi-même. Après explications, il s’avérait que c’était une coutume suédoise qui se faisait régulièrement mais avec des ballons de baudruche. Les Suédois étaient aussi stupéfaits que nous lorsqu’ils ont appris que nous irions en prison si nous faisions une telle danse en France. Heureusement que les parents me connaissaient…. Mais cette histoire a fait le tour de France et d’Europe aussi car quelques semaines après, il y avait le Congrès Européen de Jeunesse à De Bron aux Pays-Bas.

Philippe CLEMENT

Apprendre à vaincre sa peur

Milieu des années 70s. Camp de Pâques à Ully-Saint-Georges (60). Nous étions quatre chefs d’équipe adolescents de la troupe de Paris. A cette époque-là, pas encore de programme pour les PFA. Nous devenions chef d’équipe vers 13/14 ans et faisions office d’aides animateurs. Ce jour-là un jeu de nuit (de soirée) était prévu et les animateurs peu nombreux avaient besoin de notre aide pour tenir des postes à épreuves que les plus jeunes devaient retrouver au son ou à la lumière. La demande de volontaires a recueilli peu de succès car nous étions tous morts de peur de nous retrouver tout seul dans la nuit. En tant que chefs d’équipe, nous avons eu droit à un sérieux remontage de bretelles et nous sommes finalement partis pas très rassurés. Tout s’est évidemment bien passé mais ce fut une bonne leçon pour nous apprendre à dépasser nos peurs.

Philippe CLEMENT

LE SENS DE L’ORIENTATION ?

Eté 1989. Le Camp National PFA a lieu au Bac de Ceyssat (63) dans la forêt au pied du Puys de Dôme. Un été particulièrement chaud et juste une fontaine naturelle pour nous abreuver. Nous décidons donc d’aller nous baigner  dans le lac le plus proche de notre campement soit environ 25km. Difficile de faire l’aller-retour à pieds dans la journée. Je décide donc de faire des navettes en minibus pendant que les autres commencent à marcher. Une journée magnifique qui nous rafraichit tous et nous fait beaucoup de bien. Pour le retour, même système de navettes. Mais à mon retour pour le 2ème voyage, personne sur la route. Je pousse jusqu’au lac mais personne non plus. A cette époque pas de téléphone portable. Il était donc prévu qu’en cas de nécessité, le camp PFC du Chambon servait de relais téléphonique.  Mais là encore, aucune nouvelle. Sans trop m’inquiéter, je sillonnai toutes les routes et chemins possibles entre le lac et le lieu de camp. Au fur et à mesure que la nuit tombait et que mes recherches restaient infructueuses, je commençais à m’inquiéter d’avoir un groupe de PFA dans la nature sans lampe de poche et certains en maillot de bain ! Heureusement que je savais qu’il y avait un animateur avec eux. Vers minuit, alors que je commençais à me résoudre à prévenir la gendarmerie, je les trouvai enfin tout proches du lac. Que s’était-il passé ? Tout simplement, à la sortie du chemin du lac, ils avaient pris la route en sens inverse et avaient mis plus d’une heure à se rendre compte qu’ils étaient dans la mauvaise direction… Quelques jours après, nous avons organisé un grand jeu d’orientation !

Philippe CLEMENT

Moment béni

Années ( ???). La petite troupe de Besançon (25) est guidée par la Major STEWART dans la cité périphérique de Planoise. A l’occasion de ma visite, une remise de foulards est prévue dans la salle du poste au centre-ville. Parents et enfants sont nombreux et l’atmosphère est assez survoltée pendant le moment de chants et de remise de foulards. Arrive le moment du temps  « Spi » et je me demande bien comment je vais arriver à partager la Parole de Dieu à un public si hétéroclite et si agité. Prenant mon courage à deux mains, je me lance et au bout de quelques minutes je réalise qu’un silence « religieux » règne dans la salle. Bien conscient de mes limites, je ne m’imagine pas un seul instant que ma seule éloquence ait pu produire cet effet, mais je réalise combien la puissance du Saint-Esprit est présente au milieu de nous et cela me saisit. Merci Seigneur pour ce moment béni que tu m’as permis de vivre.

Philippe CLEMENT

Gourmandise

Eté 1988, Camp National PFA au fin fond du Cantal (15). Eté très chaud. Beaucoup de guêpes. Un PFA ouvre le pot de confiture de fraises pour le petit-déjeuner. Aussitôt une dizaine de guêpes commencent à virevolter dans et autour du pot de confiture. Notre PFA ne se laisse pas intimider. Il tartine son pain beurré de confiture et ouvre un large bec pour l’engloutir malgré les cris de précautions lancés par son entourage. Ce qui devait arriver arriva… Une guêpe s’engouffra dans la bouche et piqua le PFA au fond de la gorge. Branle-bas de combat. A cette époque pas de téléphone portable. Premier docteur à 20 km, premier hôpital à 50km…. Ouf ! Plus de peur que de mal. Quand nous arrivons chez le docteur, la gorge a enflé mais le docteur nous assure que si rien de fâcheux ne s’est passé pendant le voyage, le risque est désormais minime. Un contrôle à l’hôpital nous le confirmera. Ah ! Gourmandise quand tu nous tiens !

Philippe CLEMENT

Amour propre

Eté 1988, le Camp National PFA arrive au fin fond du Cantal (15) pour la deuxième partie de son camp. Au programme Canoé/Kayak.

Nous arrivons à la base nautique :

  – « Bonjour, nous sommes les scouts de l’Armée du salut »

La jeune femme qui nous reçoit éclate de rire et cela dure un bon moment….. Que faire ? Réagir avec mécontentement ou attendre avec bienveillance que cela se passe. C’est cette deuxième option que je choisis.

Le séjour sur place se passe très bien. Le contact avec les animateurs du centre est très positif. Plusieurs d’entre eux se joignent à nous pour les veillées et assistent aux temps « spis » qui ont lieu en fin de journée juste avant de se coucher.

Au moment de partir, le directeur du centre me dit :

  – « Vous savez, on a eu beaucoup de groupes scouts sur notre base nautique mais dans aucun d’entre eux ne régnait la même atmosphère que chez vous ».

Le personnel de la base nautique avait pu ressentir l’amour de Dieu que nous essayons de vivre dans nos camps.

Heureusement que j’ai ravalé mon amour propre à notre arrivée !

Philippe CLEMENT